babayagas et « maisons roses » : les femmes font leur nid
Les Babayagas, : premières résidences autogérée et solidaire pour femmes âgées et engagées
C’est l’histoire de trois « copines » Thérèse Clerc (76 ans) la cheville ouvrière et ses deux amies, Monique Bragard (71 ans), et Suzanne Goueffic (72 an) qui avaient décidé de prendre en main leur vieillesse et de changer le regard infantilisant et inadapté de la société sur les plus âgés. Le Paris des Babayagas » est d’inventer le lieu qui manque entre la solitude à domicile et la maison de retraite traditionnelle. Un pari inscrit dans l’architecture même de la Maison des Babayagas, à Montreuil faite pour conjuguer, sous son toit :
➢ Autonomie
Le bâtiment comptera vingt studios individuels d’une quarantaine de mètres carrés, loués par les résidentes et aménagés comme bon leur semble.
➢ Solidarité : Le reste de la résidence sera dédié aux espaces collectifs : de la cafétéria à la laverie, en passant par le bassin d’hydrothérapie… Le tout géré exclusivement par les résidentes.
➢ Entente durable : Pour réguler les petits conflits du quotidien, une médiatrice extérieure a été nommée, et des réunions organisées chaque mois. Un principe : « Ne jamais se coucher fâchées ! ».
Autre principe essentiel : la maison n’accueillera que des femmes mais les visites masculines sont ouvertes.
L’idée forte de cette initiative est l’autogestion qui permet de faire des économies de personnel : avantage sur les maisons de retraite traditionnelles. Et la solidarité, surtout, permet de réduire les coûts par rapport au maintien à domicile. Autonomes, solidaires, les Babayagas sont aussi citoyennes : « nous voulons être ouvertes sur le monde, partie prenante dans la collectivité ». C’est pour cette raison que la que toutes les résidentes, cooptées par l’ensemble des Babayagas, soient toutes des « femmes engagées ». La résidence est aussi un lieu de débat politique et d’échange culturels : ils reçoivent des artistes, discutent d’un film, organisent des sorties culturelles. Maison-forum, maison-atelier, mais aussi demain maison-refuge où se transmettent le savoir et l’expérience : « Nous allons faire du soutien scolaire, accueillir des jeunes femmes en difficulté, autour d’un bon repas cuisiné ensemble, par exemple« , imaginait Thérèse Clerc en 2007. Citoyennes, libres, autonomes, solidaires… les Babayagas veulent recréer dans leur maison la place que la société refuse depuis longtemps aux plus âgés. Leur idéal du « bien vieillir ensemble » n’en finit pas de faire des émules partout en France à Brest, à Toulouse ..
Et les jeunes femmes imaginent déjà des maisons roses à Toulouse : des jardins cocons par et pour des femmes. Les « Jardins de roses » qui ont fleuri près de Montpellier se veulent un concept original : il s’agit de développer une offre immobilière avec une équipe exclusivement féminine, afin de construire des maisons « pensées par les femmes », mais aussi pour leur famille. Il s’agit de logements pratiques et agréables pour femmes actives et divorcées devant jongler entre enfants et vie professionnelle. Une vraie réponse aux familles actuelles. Situé au cœur de la ville de Mauguio, dans l’Hérault, à quelques mètres des écoles, des crèches et des commerces, le lotissement a été baptisé «Jardins de Roses». «Le traditionnel garage est remplacé par un cellier où les mères de familles peuvent entasser poussettes et vélos ou encore déposer leurs courses, explique l’architecte, Pascale Malet. Un jardin a été aménagé en espace commun pour les décharger des corvées de jardinage». Les enfants, eux, profitent d’un espace clos et partagé où ils ont le loisir de s’amuser en toute sécurité.
Ces deux initiatives françaises sont exemplaires mais pas faciles à réaliser. Alors qu’en Allemagne, en Belgique ou dans les pays nordiques, des projets communautaires plus marqués d’ailleurs par une idéologie féministe fleurissent très aisément, les projets d’habitats féminins ont encore du mal à voir le jour en France. pour exemple il a fallu plus de dix ans, pour que le collectif des Babayagas puissent créer leur maison auto gérée. Reste qu’un mouvement vient de s’enclencher. preuve encore que les femmes réinventent la société. Maryline





what did uou said ?
Mp