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les magellan de l’avenir

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armand braun

Armand Braun est pour moi un artisan orfèvre de l’avenir, qui poursuit sa veine sans s’y écarter depuis plus de 50 ans. Il a la patience d’un boeuf (compliment de Vang Gogh à Courbet) et l’intelligence vive de l’étincelle. Féru de La prospective de Gaston Berger,  il  en est l’unique garant  et acteur selon moi. Il privilégie l’homme, l’action aux prédictions, le non-penser (savoirs émergents), la pensée de synthèse, la vision à longue vue comme les magellan du passé …  C’est pour cela qu’il parle non pas de futur mais d’avenir qu’il embrasse totalement par sa pensée circulaire (process itératifs) comme les chinois ! Pour lui, Tout commence, phrase brillante du Père Teilhard de Chardin (lisez-le!)  mais aussi tout  recommence,  évolue sans cesse.  Mais, Armand Braun, n’en déplaise à ses excès de discrétion, c’est aussi un  homme immense, un Homère à lui tout seul ! Entre passé – présent – avenir  – qu’il  réfléchit sur un même continum, il nous éclabousse avec brio de savoureuses anecdotes et histoires riches de sens. Sur cette ligne des connaissances savoureuses, c’est un « jouisseur acteur » de la vie : son rire « Hi..Hi! », son humour à toute épreuve, sa faim et soif du monde : tous ceux qui ont gouté  aux madeleines généreuses de ses petits déjeuners de prospective  le savent. Armand Braun est mon « coach de prospective » expression détestable mais cela m’amuse de le dire ainsi  .. et la transmission est cruciale aujourd’hui. C’est aussi et j’espère un ami avec qui j’ai appris une chose essentielle parmi des milliers d’autres  » Hélène a toujours raison  » ! Enfin nous aimons tous deux cette phrase de William Shakespeare qui invite à la posture active de l’homme libre et responsable  – nous savons ce que nous sommes, nous ne savons pas ce que nous pourrions être -. Je vous invite vivement à découvrir son site – www.prospective.fr – et surtout abonnez-vous à sa Newsletter gratuite ! Maryline.

N’anticipons pas !  Ménélas dans La belle Hélène d’Offenbach.

L’avenir et non le futur  …

… Depuis Bergson, l’avenir n’est plus ce qui doit inévitablement se produire, il n’est même plus ce qui va arriver, il est ce que l’ensemble du monde va faire. Gaston Berger

Armand Braun est Président de la Société Internationale des Conseillers de Synthèse (SICS), qui s’est développée depuis les années 1950 autour de l’inventeur de la prospective, le philosophe Gaston Berger : La prospective, c’est l’art de vivre heureux dans le changement.

Dans une période comme celle que nous traversons, aussi bien les mots que les stratégies d’hier se révèlent dérisoires ou sont, au mieux, confinés dans l’immédiate banlieue d’un présent mystérieux.

Il n’est pas de responsabilité plus haute, plus politique, que de concevoir des approches fécondes et opérationnelles pour tirer parti de possibles qui ne se réaliseront que si nous sommes capables de les concevoir et de les défendre (la prospective, à ce titre, est aussi un combat). Armand Braun

La SICS conçoit des projets prospectifs, aide des entreprises ou des institutions à les réaliser ou les conduit elle-même.

C’est ainsi qu’Armand Braun est, entre autres, à l’origine de :

1. L’Aventure des métiers, créée en 1986 avec son épouse Hélène : un salon pour permettre à chaque adolescent de trouver son propre chemin vers un métier qu’il aimera. Depuis, la démarche a été généralisée dans les collèges par le ministère de l’Education nationale.

2. Les Associations de solidarité familiale (ou Fonds familiaux) qui, reprenant une inspiration venue des pays pauvres d’Afrique et d’Asie, seraient des petites structures autogérées de prévoyance par et pour les familles (au sens le plus actuel du mot) afin de mieux faire face aux aléas et aux opportunités de la vie.

3. Et, depuis de nombreuses années, la thématique du Grand Paris, cadre dans lequel l’Ile-de-France urbanisée pourra se remettre en mouvement et rejoindre l’époque.

Il a créé le site www. prospective.fr, sur lequel on peut retrouver ces projets, de grands textes de prospective et, tous les mois, l’actualité prospective dans le monde.

Coauteur avec Hélène Braun, d’un roman de social-fiction, Le bal des chômeurs (Descartes et Cie, 1999 – épuisé, résumé sur le site) qui est d’une modernité et actualité criante. Un ouvrage qui devrait attirer tous les éditeurs avisés !

SICS
5 rue d’Alger, 75001 Paris
Tél. : 01 42 60 30 48
sics@prospective.com

père teilhard de chardin

Le père Teilhard de Chardin, jésuite, paléontologue a consacré sa vie à penser la place de l’homme dans l’univers en évolution. C’est sans aucun doute ce bond révolutionnaire pour un « christique » que d’avoir compris la « noosphère ».  Mais aussi que Tout commence et que l’homme n’est pas encore … Lisez le ! et pour les convictions religieuses cela n’a aucune importance car le concept d’humanité, d’amour n’a pas de culture ni de religion. Pour vous faire découvrir ce magellan de l’avenir, voici quelques extraits de sa pensée …. Maryline

pinksable

« L’énergie matière se faisant Présence. Et donc la possibilité se découvrant, s’ouvrant à l’Homme, non seulement de croire et d’espérer, mais… d’aimer, co-extensivement et co-organiquement, avec tout le passé, le présent, et le futur d’un Univers en voie de concentration sur lui-même. Il semblerait qu’un seul rayon d’une telle lumière, tombant ou que ce soit comme une étincelle, du provoqué une explosion assez forte pour embraser et renouveler presque instamment la face de la terre. Comment se fait-il que regardant autour de moi (…) Je me trouve quasiment seul de mon espèce seule à avoir vu ? (…) La merveilleuse « Diaphanie » qui pour mon regard à tout transfigurer.  »

« Une théorie, un système, une hypothèse, l’Évolution ?… Non point : mais, bien plus que cela, une condition générale à laquelle doivent se plier et satisfaire désormais, pour être pensables et vrais, toutes les théories, toutes les hypothèses, tous les systèmes. Une lumière éclairant tous les faits, une courbure que doivent épouser tous les traits : voilà ce qu’est l’Évolution. En nos esprits, depuis un siècle et demi, le plus prodigieux événement peut‑être jamais enregistré par l’Histoire depuis le pas de la Réflexion est en train de se réaliser : l’accès, pour toujours, de la Conscience à un cadre de dimensions nouvelles ; et, par suite, la naissance d’un Univers entièrement renouvelé, sans changement de lignes ni de plis par simple transformation de son étoffe intime.

Jusqu’alors le Monde paraissait reposer, statique et morce­lable, sur les trois axes de sa géométrie. Maintenant il ne tient plus que d’une seule coulée.

« Montée et expansion de conscience. »

« En vérité, je doute qu’il y ait pour l’être pensant de minute plus décisive que celle où, les écailles tombant de ses yeux, il découvre qu’il n’est pas un élément perdu dans les solitudes cosmiques, mais que c’est une volonté de vivre universelle qui converge et s’hominise en lui. L’Homme, non pas centre statique du Monde, — comme il s’est cru longtemps ; mais axe et flèche de l’Évolution, — ce qui est bien plus beau. »

« Mais, pour une part élémentaire, nous la (= conscience) tenons dans nos mains : responsables de son passé devant son avenir.

Grandeur ou servitude ? Tout le problème de l’Action. »

(…) Après cela, des esprits « positifs et critiques » peuvent bien aller disant que la génération nouvelle, moins candide que l’ancienne, ne croit plus à un avenir et à un perfectionnement du Monde. Ont‑ils seulement pensé, ceux qui écrivent ou répètent ces choses, que, s’ils avaient raison, tout mouvement spirituel, sur Terre, se trouverait virtuellement arrêté ? Privée de la lumière, de l’espérance, de l’attrait d’un futur inépuisable, ils paraissent croire que la Vie continuerait paisiblement son cycle. Erreur. Des fleurs et des fruits, peut‑être, par habitude, quelques années encore. Mais, de ces racines, le tronc se trouverait bel et bien coupé. Même sur des monceaux d’énergie matérielle, même sous l’aiguillon de la peur ou d’un désir immédiats, l’Humanité, sans le goût de vivre, cesserait bientôt d’inventer et de créer pour une œuvre qu’elle saurait d’avance condamnée. Et, atteinte à la source même de l’élan qui la soutient, de nausée ou par révolte, elle se désagrégerait et tomberait en poussière ».

Teilhard de Chardin a  compris que l’avenir était la liberté de choix des hommes ; que c’est la finalité (vers où je veux aller) qui donne du sens aux choses ; il a posé les bases de la première théorie de l’évolution humaniste, parce qu’il était phénoménologue comme le prospectiviste Gaston Berger,

Pour Teillhard, l’humain tendrait à s’élever ; enfin il a compris la dimension spirituelle de chaque chose, l’avenir n’est pas un concept froid, il doit forcément déboucher sur de la matière spirituelle. D’où cet évolutionnisme de l’humain, un humaniste complètement incarné, une prospective humaniste.

Pour Teillhard, l’humain tendrait à s’élever ; enfin il a compris la dimension spirituelle de chaque chose, l’avenir n’est pas un concept froid, il doit forcément déboucher sur de la matière spirituelle. D’où cet évolutionnisme de l’humain, un humaniste complètement incarné, une prospective humaniste.

Quand une fois l’Humanité aura reconnu que sa première fonction est de pénétrer, d’unifier intellectuellement, et de capter, pour comprendre et maîtriser encore plus outre, les énergies qui l’entourent, aucun danger pour elle de se heurter à une limite extérieure dans ses épanouissements ».

« Le monde appartiendra demain à ceux qui apporteront à la terre (même dès cette terre) une plus grande espérance ».

Mais comme ce blog cherche notamment à le démontrer, Teilhard ne fut pas seul à voir la diaphanie d’un nouveau monde ; la lumière de la prospective, la pensée de l’avenir.

Sur la ligne de Chardin, nous avons évoqué Gaston Berger, via son successeur Armand Braun, nous pourrions aussi parler de Bergson, de Paul Valery, de Saint-Simon, de Nietzche (acteur de l’avenir : textes méconnus !) mais aussi de Bachelard.

« Une révolution psychique vient sûrement de se produire en ce siècle ; la raison humaine vient d’être désancré, le voyage spirituel est commencé et la connaissance a quitté les rives du réel immédiat. N’y a t –il pas alors anachronisme à cultiver le goût du port de la certitude du système » ? » Bachelard

Ou encore de Pascal Picq pour boucler sur l’évolution …

« Charles Darwin comprend que l’histoire de la vie n’a pas de but et encore moins l’homme. Mais qui l’entend ? Depuis Lamarck, jusques et y compris la majorité des paléoanthropologues contemporaines, l’évolution est pensée comme un processus finalisé orienté vers l’homme ». Jeudi 13 janvier 2005 : L’homme et sa nature : de l’hominisation à la fin des certitudes Pascal Picq

Pour finir, le Père Teilhard de Chardin avait aussi le sens de la formule qui fait tilt : vous retrouverez certaines de ses formulations essaimées dans le blog.

miguel chevalier

Miguel chevalier, Maryline Passini, Nicolas Gaudelet, Cité de l'Architecture, 2007.

Miguel chevalier, Maryline Passini, Nicolas Gaudelet, Cité de l'Architecture, 2007.

Miguel est un oeil de cristal de notre époque  qui pense son temps, imagine de nouveaux territoires, de nouveaux réseaux, une autre nature avec les outils numériques de don temps. Il préfigure dans son art les idées et les formes de notre avenir et surtout les fait vivre avec poésie, sensualité et vivacité. J’ai découvert Miguel au ministère de la culture à l’heure où les nouvelles technologies, le son, la vidéo, la lumière, la mode .. n’étaient pas encore reconnus. Pour moi, c’était évident je venais de ressentir la peinture de l’avenir ; je comprenais oh combien le « voir académique de l’oeil monodirectionnel » était dépassé.  Je sentis que nous allions bientôt pouvoir voir avec tout notre corps, nous immerger totalement dans les oeuvres puis la matière, les espaces les objets comme le montrent déjà l’intelligence ambiante. Bref, les nouvelles technologies nous transformaient en radar et sonar et nous allions développer une sensibilité dorsale, latérale totalement nouvelle .. ou que seuls  jusqu’ici les chamans et autres « techniciens de la source, du mouvement et de la poésie de l’extase » avaient expérimentés.  Et les jeunes aujourd’hui ! Depuis je n’ai cessé de suivre discrètement cet artiste. Je suis une bibliothèque vivante de son travail qui lutte contre l’entropie, déborde d’énergie, s’inscrit dans une vraie culture de projet et privilégie le non pensé  … Jusqu’à le rencontrer et le faire intervenir sur un travail de prospective opérationnelle  sur  la ville et l’habitat de demain présenté à la Cité de l’architecture en 2007 pour la Fédération Multivilles (cahier de tendance prospective de 150 pages).  Si il est difficile de décrire et surtout de bien comprendre le travail de Miguel Chevalier en images statiques, ce jour là sa prestation et ses  vidéos tilts  ont fait vibrer l’assemblée. Déjà, Miguel était devenu un artiste reconnu au nouveau international .. mais un artiste – chose rare – toujours prêt à s’investir, à participer généreusement pour faire avancer les choses, communiquer, rencontrer des personnes, échanger ! Depuis, nous sommes devenus proches et amis – je me ressource très souvent dans ses oeuvres qui ne cessent d’évoluer :  l’évolution de son herbier virtuel, ses nuages fractals, ses réseaux qui tissent les liens de notre avenir… Il y aurait tant à dire .. et quand on admire profondément, la pudeur s’impose .. Que vous dire de plus que ces touts petits mots simples et nus c’est beau. Oui, l’art, c’est cela aussi ! Et ajouter encore, j’aime la techno-poésie ! Maryline

Je veux être un artiste dans mon temps

Miguel Chevalier est né à Mexico en 1959. Il travaille principalement à Paris et a installé son atelier la Fabrika à Ivry-sur-Seine depuis 1985. Diplômé de l’École Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris 80 et de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs 83. Il a reçu la bourse Lavoisier pour le Pratt Institute à New York en 84 et a été lauréat de la villa Kujoyama à Kyoto au Japon en 94. Miguel Chevalier s’est imposé internationalement comme l’un des pionniers de l’art virtuel et du numérique.

“J’utilise les nouvelles technologies non pas pour en faire l’apologie, mais pour être en prise avec le monde qui nous caractérise. Je veux être un artiste dans mon temps … je considère que la technologie accompagne et influence l’humanité depuis toujours. Elle agit sur son évolution en se développant à une rapidité inouïe, qui transforme constamment l’environnement de l’être humain. Les technologies de communication prolongent certaines fonctions du cerveau : c’est le processus de la pensée même qui est prolongé et amplifié » MC .

Pour Miguel, l’art c’est avant tout de réfléchir dans le monde dans lequel il est, en prendre conscience et créer des univers poétiques en prise directe avec notre réalité pour la sublimer.

Concernant son travail numérique, il s’agit en fait de re générer les idées, de télescoper les époques comme ses arabesques numériques au Maroc et ses oeuvres baroque & classiques. Et la puissance et caractéristique de ces oeuvres, est qu’elles sont génératives … Des espaces immersifs …

Je crée des formes d’interactivité intuitives rapidement compréhensible par le public qui lui permettent de voir le résultat de ses gestes, de saisir le dispositif. Le but est de créer un rapport intuitif, qui lui permet aussi de tenter des expériences, de faire preuve d’intelligence, de sensibilité, d’un certain talent. Les capteurs engagent le corps physiquement et dans l’espace, ce qui crée un plaisir à la fois spontané et intellectuel. MC

Ces oeuvres sont une dimension pédagogique et ludique.

Je me rends compte que le public est de plus en plus familiarisé avec toutes ces formes d’interactivités qui se développent avec les téléphones et les jeux vidéos par exemple. MC

pensées numériques

Avec Sur-Natures (issu de son herbier virtuel en image ci-dessus), Miguel a renoué avec Monet pour réaliser les nymphéas numériques. L’outil informatique est un dictionnaire extraordinaire de formes et de couleurs qui fait éclater l’image, la modifie et la régénère. Ce fascine Miguel, c’est que ses possibilités sont illimitées, en perpétuelle transformation, des instants “pfiit” .Dans ses jardins virtuels, on devient des disciples d’éole puisque les plantes bougent et évoluent au gré des mouvements du spectateur-passeur. Tout son travail séquentiel, de variations et de mise en boucle, utilise tout ce que cet outil lui permet. L’ordinateur, est en fait une plate-forme entre la peinture, la photographie et la vidéo. Il est aussi un moyen d’expression à part entière, puisqu’il permet ce que les autres médias n’ont jamais permis.

Avec ses dernières nées les flower fractales,  la sculpture se noue à la peinture par un lien végétal et minéral, ce qui donne une densité aux fleurs, une certaine lenteur dans la pousse (apesanteur) et une grâce poétique ultra moderne. Voici un extrait de l’historienne Françoise Gaillard : D’un monde où le végétal a échappé aux formes organiques dans lesquelles nous le confinons. Comme si une nature géomètre y avait transformé leur germen en algorithme. Au lieu de l’arrondi des pétales, des arrêtes vives et brisées qui rappellent celles des cristaux. Au lieu de la douceur un peu molle des corolles, un enchevêtrement de prismes inégaux aux couleurs improbables. On les croirait obtenues par les jeux de miroir d’un kaléidoscope, n’était-ce la pauvreté de ce procédé métamorphique qui ne connaît que la symétrie. Ces fleurs, elles, ignorent cette ennuyeuse régularité. Elles ne cessent d’évoluer selon des mouvements aléatoires qui les anamorphosent et les métamorphosent, en complexifiant à chaque étape leur savante géométrie. Le résultat est spectaculaire. Que sont-elles ? Sont-elles des fleurs fossiles, réveillées de leur long sommeil par un poète magicien, ou les fleurs de demain nées du calcul ainsi que de la maîtrise de la matière et des formes par l’esprit ? La parenté formelle de ces architectures florales avec toutes les roches cristalloïdes, interroge la frontière entre les règnes et brouille nos références. Et nous les contemplons, émerveillés par cette anatomie moléculaire qui réunit le végétal et le minéral dans la beauté et la fragilité, et célèbre cette union par une explosion de couleur.

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penseur des réseaux : “habiter les réseaux”

« L’art des réseaux. Que le monde soit aujourd’hui fait de flux et de réseaux propres à un temps de plus en plus machiné et éphémère, tel est le point de départ de tout le travail de Miguel Chevalier. Comme s’il fallait « Habiter les réseaux, 2000″ de toutes les manières. (…) Car le virtuel n’a rien d’un « ailleurs » irréel, ou d’un simple simulacre : il métamorphose tout, et engendre un véritable art des réseaux. Une poétique des trajets, si l’on veut. » © Christine Buci-Glucksman, auteur de « L’œil cartographique »

Habiter les réseaux poétiquement résume pour part son travail qui questionne notre rapport au temps, à l’espace, à l’imaginaire.

explorateur du temps : nuage fractal

Un de ses projets préférés (hélas non réalisé) – et je vous invite à découvrir dans la rubrique « codex et imaginaire de l’avenir » la force créative des nuages ..

Si « Nuage Fractal » avait été réalisé, vous auriez pu découvrir le long des docks de Marseille un arbre de lumière de 20 m de hauteur, une sorte de Mikado géant conçu sur le principe de la tenségrité.

Cette immense arborescence devait capter le temps en ses composantes technologiques, cosmologiques et urbaines. C’était une sorte d’horloge virtuelle du XXIe siècle en temps réel, capable de modifier autant les architectures des lieux que la vie quotidienne des habitants. A chaque heure par exemple le nuage aurait changer de couleur …

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Pixels liquides 2008 / 2009

Pixels liquides est une nouvelle installation de réalité virtuelle interactive de Miguel Chevalier qu’il a expérimenté dans différents lieu. A travers cette installation interactive, l’artiste recouvre des murs (ou des plafonds, etc) d’une peau de pixels qui évolue au gré du passage des spectateurs. Les spectateurs endossent virtuellement le rôle de l’artiste par l’entremise de capteurs disposés dans l’espace public, leurs mouvements créent alors des traînées de peintures qui s’animent sur la façade et s’effacent lentement jusqu’au prochain passage.

L’utilisation des couleurs, du mouvement ainsi que la forme des images rappellent les « drippings » de Jackson Pollock, et le caractère interactif de l’œuvre transforme les spectateurs en véritables « action painters ». La rencontre de la peinture, de la couleur, du virtuel et du numérique, crée une passerelle entre des techniques différentes, qui au gré du hasard et des déplacements des spectateurs, crée un dialogue original. Cette installation associe art corporel virtuel et peinture numérique, et propose au spectateur une nouvelle expérience de son corps dans l’espace public.

Arabesques numériques 2015 : entre mémoire et mutation !

Miguel Chevalier confronte aujourd’hui son monde artistique, tout entier tourné vers le contemporain et ses transformations face à l’évolution des techno-sciences (flux des données, multiplicité de l’échange de l’information, réseaux qui forment une nouvelle trame du monde, villes en mutation), à la puissance de la tradition dans ce qu’elle peut avoir de plus vivant et d’actuel. En remodelant son propre monde par le double prisme de la mosaïque islamique et de la légende du tapis volant, qui ravît les lecteurs des Contes des Mille et Une Nuits dès sa première traduction débutée par Antoine Galland en 1704, c’est une autre culture, qui comporte à la fois un art sacré sans image et un merveilleux littéraire, qui pénètre son monde ultra contemporain.

Ces deux propositions prennent forme sous l’influence d’une ville, Marrakech, et d’un lieu, la Place Jamaa El Fna, qui en constitue le cœur.

Cet endroit, déclaré par l’UNESCO chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité, est un lieu où l’on trouve une culture locale, celle de la tradition orale, à la fois ancestrale et vivante, du charmeur de serpent au conteur. C’est donc dans ce haut lieu d’une culture non écrite que Miguel Chevalier souhaite faire se rencontrer la tradition et la technologie la plus pointue par le biais de l’art. Là, sur cette place toute de foule, d’odeurs et de paroles, la vision technologique s’est teintée de magie et de rêve, tissant les fils d’un paysage à la fois réel et virtuel : les mosaïques se font légères comme des bulles, les tapis lumineux et flottants.

En savoir plus sur Miguel Chevalier : http://www.miguel-chevalier.com

Découvrir encore plus Miguel, chassez son imaginaire sur toutes les rubriques du blog …

Contacts directs
ATELIER:
LA FABRIKA
1 impasse Prudhon
94200 IVRY SUR SEINE
FRANCE
TEL: 33 (0)1 58 46 02 76
contact@miguel-chevalier.com
Pour tous renseignements :
Nicolas Gaudelet
nicolas@miguel-chevalier.com
Pour tous renseignements et demandes de visuels en haute définition :
Emilie Lesne
emilie@miguel-chevalier.com

andré giordan

André Giordan, 2010. © AG

André Giordan, 2010. © AG

Touche-à-tout passionné, André Giordan est un universitaire connu et reconnu, tant pour ses travaux purement scientifiques que pour ses études sur l’appropriation du savoir. Curieux paradoxe : c’est un zéro en dictée qui a tout déclenché.

André Giordan en cinq dates

1962 : réussit le concours d’entrée à l’Ecole Normale d’instituteurs

1971 : est nommé professeur au collège de Villeneuve-la-Garenne

1980 : crée le laboratoire de didactique et épistémologie des sciences à Genève

1987 : publie Les origines du savoir

1996 : première collaboration avec le Musée d’Histoire naturelle du Luxembourg

« Dans la famille, nous étions cheminots depuis trois générations. J’ai donc passé le concours d’entrée aux Chemins de fer. Mais j’ai eu zéro en orthographe. » Recalé pour quelques participes mal accordés, André Giordan change complètement de direction. L’année suivante, en effet, il est admis à l’Ecole normale d’instituteurs de Nice. Nous sommes en 1962. « Jusqu’alors, j’avais toujours été un cancre et là, pour une fois, je réussissais un concours. Cela m’a également permis de sortir de mon milieu très populaire, et de rencontrer des gens qui avaient un peu de savoir. Pour moi, c’était un autre monde. »

Le déclic

Brutalement immergé dans un « milieu culturellement porteur », qui le pousse à travailler, André Giordan passe son baccalauréat, effectue des stages en tant qu’instituteur dans plusieurs écoles de Nice et obtient une bourse pour devenir PEGC (1). Il prend alors un chemin qu’il ne quittera plus, celui de la fac. Il y décroche une licence de biologie avant d’entamer un troisième cycle de physiologie et d’obtenir brillamment son Capes. L’ancien cancre s’est métamorphosé, et il en rit encore : « Enfant, je n’avais pas compris le rituel social de l’école. On me demandait de commenter des phrases de Victor Hugo. Mais, pour moi, Victor Hugo était un génie et je n’avais rien à commenter ! Et puis, à l’Université, j’étais débarrassé du français, je n’avais plus qu’à faire des sciences. Comme j’étais volontaire et travailleur, il n’y a pas eu de problème. » Une fois agrégé, André Giordan est nommé professeur dans un collège de banlieue, à Villeneuve-la-Garenne,en 1971, puis au lycée Carnot à Paris, en 1972. Il y monte un club de sciences et finit par rencontrer un inspecteur pragmatique. « Il m’a dit que je ne respectais pas le programme, mais que ma façon de travailler n’était pas inintéressante. Il m’a donc mis en contact avec l’INRP, l’Institut national de recherche pédagogique ».Tout en continuant d’enseigner, il y passe deux ans comme chargé de recherches en pédagogies des sciences.

Le savoir et son acquisition

Entre temps, ce boulimique de savoir a également suivi des formations en philosophie et en psychologie. Il va alors s’intéresser de plus en plus à l’acquisition des connaissances. « J’ai simplement transposé mon travail de scientifique à l’éducation. J’ai abordé les questions éducatives de la même façon que les problèmes scientifiques, en effectuant des recherches, en essayant de comprendre où étaient les élèves, sur quoi ils butaient, quelles étaient leurs difficultés… A l’époque, la didactique des sciences n’existait pas et la démarche était totalement nouvelle. » A tel point que ses échos se répercutent jusqu’à l’étranger. En 1980, André Giordan est contacté par l’Université de Genève, où il crée le laboratoire de didactique et épistémologie des sciences, qu’il dirige encore aujourd’hui. Depuis, il a rédigé près de 300 articles et écrit une trentaine de livres. Certains, comme Les origines du savoir ou Comme un poisson rouge dans l’homme (2), ont révolutionné les idées sur la façon d’apprendre. « J’ai notamment montré qu’apprendre est paradoxal : il faut construire et déconstruire simultanément, faire avec les conceptions que l’on maîtrise et en même temps s’y opposer, s’appuyer dessus et en même temps les lâcher… En outre, apprendre ne peut se résumer à un seul modèle. Il faut jongler avec plusieurs systèmes de pensée. »

Savoir et faire savoir

Ce savoir auquel il a pu accéder, André Giordan a toujours eu envie de le partager avec le plus grand nombre. Dans cet esprit, il continue d’intervenir régulièrement auprès de jeunes de banlieue et vient de publier Apprendre à apprendre et Coach collège (3). « Dans l’apprentissage, il existe en effet malgré tout une partie technique que l’école ne fournit pas. D’une manière générale, elle ne donne d’ailleurs pas les outils pour aujourd’hui : les savoirs importants n’y sont pas dispensés et elle détruit le goût d’apprendre qu’ont spontanément les enfants. » Dans un autre registre, il travaille avec des musées, « pour les rendres plus lisibles, plus compréhensibles et plus attractifs. » Il a ainsi collaboré à plusieurs reprises avec la Cité de l’Enfance, à la Villette, ou avec le Musée des sciences du Luxembourg. Actuellement, il apporte son expérience au Parc européen de Paléontologie, près de Vichy. « Ma démarche est toujours identique : faciliter l’apprentissage. Pour moi, on apprend en permanence et pas uniquement à l’école. » Parfois André Giordan songe aussi à ce que serait devenue sa vie s’il n’avait pas été si nul en dictée. « Comme je viens d’un milieu très populaire, ma mère m’a toujours dit que j’aurais été plus heureux cheminot. En tout cas, je me serais posé moins de questions ! »

Patrick Lallemant

Vendredi 29 février 2008

André Giordan est né en 1946 à Nice (France). Agrégé de biologie, il s’est d’abord fait connaître pour des travaux en physiologie des régulations. Il a travaillé sur l’influence des hormones neuro-hypophysaires sur les flux d’eau et d’ions à travers les membranes. Ses études ont contribué à la connaissance des mécanismes de régulation membranaire dans l’équilibre hydro-minéral.

En complément, André Giordan développe des recherches d’épistémologie et d’histoire de la biologie. Ses travaux actuels ont conduit à reformuler la méthodologie et le concept lui-même de régulation. Une application en résulte : la physionique, c’est à dire l’approche des processus et des procédures optimisant les organisations. Cette démarche est un des éléments à la base des réflexions sur les entreprises dites « apprenantes ».

En 1980, il a été élu Professeur extraordinaire à l’université de Genève. Il y crée le Laboratoire de didactique et épistémologie des sciences (LDES) qu’il dirige depuis. Il devient Professeur ordinaire (Professeur avec chaire) en 1983, puis Président de la Section des Sciences de l’Education (1992-94).

Ses recherches actuelles portent principalement sur la communication, l’éducation et la culture scientifiques et industrielles et plus particulièrement sur les mécanismes de diffusion de messages et d’élaboration des savoirs.

Il est surtout réputé pour ses études sur les conceptions des apprenants et l’appropriation des savoirs dans les domaines des sciences, des techniques, de l’environnement et de la santé. Il a mis au point un nouveau modèle sur l’apprendre appelé modèle allostérique (allosteric learning model nominé au Grameyer Award) et développé des outils pour la formation des enseignants, des médiateurs, des journalistes scientifiques, des ingénieurs, des infirmiers et des médecins.

Pour favoriser ce nouveau domaine d’investigations, il a fondé les Journées internationales sur la communication, l’éducation et la culture scientifiques et industrielles qui en sont à leur vingt cinquième édition et le réseau CECSI (Communication, Education et Culture Scientifiques et Industrielles).

Par ailleurs, il est consultant en culture et communication scientifiques auprès de divers organismes nationaux (Suisse, France, Italie et Espagne) et internationaux (Union européenne, UNESCO, OCDE, PNUE, BIE, OMS), président de la Commission of Biological Education (CBE-IUBS), correspondant suisse du réseau INISTE, vice-président de l’Association européenne de didactique de la biologie, membre de l’association des écrivains scientifiques, président du réseau CECSI, des associations DIRE, CISTE et des Bateleurs de la science.

Auteur ou éditeur de plus de trois cent articles et de trente livres (Centurion, PUF, Delachaux, Z’Editions, Privat, Armando Armando, Nuove Italia, Siglo XXI, Labor, Diada, Payot, Belin, Lattès, Delagrave, Play Bac, etc.), il a également collaboré à des ouvrages ou articles de recherche, de vulgarisation (Sciences et Nature, Sciences et vie, Sciences et Avenir, La Recherche, Ca m’intéresse, M’, Vital, etc.) et participé à la réalisation de musées et d’expositions (Beaubourg, Cité des Sciences, Cité des Enfants, Microcosm CERN, Museum Paris, Bruxelles, Alimentarium de Vevey, Museum national du Luxembourg, Musée des Cultures du monde de Lyon, Centre européen de Paléontologie), d’audiovisuels (France Connaissance Média), d’articles de presse (Libération, La Croix, Le Courrier, Transversales, etc..), de multimédias (UE-DG13), d’émissions de télévision (TF1, FR3, RAI, TSR, Arte, La 5, Canal+, LCI) ou de radio (France Inter, France Culture, Europe 1, Radio Suisse Romande, RSI, RFI, Sud radio).

Principaux ouvrages (traduits en plusieurs langues) : Une pédagogie pour les sciences expérimentales (Centurion 1978), Quelle éducation scientifique pour quelle société ? (PUF 1978), L’éducation relative à l’environnement : principes d’enseignement et d’apprentissage (UNESCO 1986), Histoire de la biologie (2 tomes, Lavoisier 1987), Les origines du savoir scientifique (Delachaux 1987), L’enseignement scientifique, comment faire pour que “ça marche”? (Z’Editions 1989), Psychologie génétique et didactique des sciences (P. Lang 1989), Maîtriser l’information scientifique et médicale (Delachaux 1990), L’Education pour l’environnement : mode d’emploi (Z’Editions 1991), Conceptions et connaissance (P. Lang 1994), Evaluer pour innover (Z’Editions 1994), Maîtriser les méthodes de travail (Delachaux 1994),La communication scientifique d’entreprise (Z’Editions 1994), Comme un poisson rouge dans l’homme (Payot 1995), New learning models (Z’Editions 1996), Douze questions d’actualité sur l’Environnement (Z’Editions 1996), Des idées pour apprendre (Z’Editions 1997). Une éducation scientifique à l’école maternelle (Z’Editions 1997). Et vive le Pilou (Z’Editions 1997). Apprendre ! (Belin, 1998), Le corps humain, la première merveille du monde (Lattès, 1999, Didactique des sciences expérimentales (Z’Editions 1999), Une autre école pour nos enfants ? (Delagrave 2002). Nice à la Belle Epoque (Serre 2005), Accompagner les enfants précoces (Delagrave 2006), Coach College (Play bac 2006).

Giordan@pse.unige.ch

Vous découvrirez les travaux d’André Giordan dans les catégories Changement d’époque / Cap  – Changeons de lunettes avec son outil la physionique …mais aussi dans Lire le changement avec un résumé de son livre « Comme un poisson rouge dans l’homme ».

Ray Kurzweil

Je vous invite avec le recul nécessaire à découvrir un Magellan pro technologies : Ray Kurzweil. que vous découvrirez dans les catégorie Changement d’époque, Lire le changement, ou les Technologies du changement.

Un blog pour l’avenir


Non au futur (prévision froide). Oui à l'avenir (action humaine). Dixit le Petit Prince, "l'avenir, tu n'as pas à le prévoir, tu dois te le permettre".

Ce blog est dédié aux idées d'avenir positives, aux changements. La prospective est à la fois une science de synthèse pluridisciplinaire et un art pour défricher de nouveaux territoires, repérer des courants forces, explorer des imaginaires...

C'est surtout un outil Eureka pour inventer de nouveaux produits et services, sublimer ou mythifier une marque et ses produits, créer la valeur de la valeur....

Vive l'avenir, car ce qui est génial, c'est que tout commence et que tout est possible !

Maryline

Défilant