Maryline edito nov 2011 : comment se nourrir demain ? (une question de répartition et d’éthique) …
Le New York Times a publié un excellent article le 23 octobre dernier : Seven Billion de Joel E Cohen, un biologiste mathématicien qui est à la tête du Laboratoire des Populations à l’Université Rockefeller et à la Columbia University. Article original sur : seven-billion.html?_r=2&scp=2&sq=joel%20E.%20COHEN&st=cse
Voici ma synthèse de l’article que je vous invite à lire en entier en anglais et mon analyse personnelle du sujet.
Selon les estimations des Nations Unies, la population mondiale atteint, ce mois ci les 7 milliards. Il nous aura fallu des centaines de milliers d’années pour que la Terre accueille, vers 1800, son premier milliard d’habitants.
120 ans plus tard, vers 1920, le 2e milliard fut atteint.
40 ans plus tard, vers 1960, le 3e milliard fut franchi.
15 ans plus tard, vers 1974-1975, nous étions déjà 4 milliards.
Il n’a fallu que 13 ans de plus pour atteindre, en 1987, le 5e milliard.
Le sommet de l’accélération semble avoir été atteint 11 ans plus tard quand, en 1998, nous sommes arrivés à 6 milliards. La courbe semble s’inverser puisqu’il aura fallu 13 ans, de 1998 à 2011, pour atteindre le 7e milliard.
Selon la Division de la Population des Nations Unies, ce ralentissement dans l’augmentation de la population de la Terre devrait se confirmer tout au long du XXIe siècle, puisqu’il faudrait 20 ans, pour chaque nouveau milliard, pour atteindre 9 milliards dans les années 2040 et même 40 ans pour atteindre le 10e milliard vers 2080. Attention cependant ! : ces chiffres de 9 milliards sont basés sur des prévisions linéaires (on ne peut prédire l’avenir par ce procédé !) et une sérieuse étude du Lancet précisait en 2010 qu’en fait on ne sait pas si on sera 8 ou 9 milliards !
Reste bien évidemment la question de l’alimentation. Que l’on soit 8 ou 9 milliards pourrons nous nourrir autant d’être humain ? Selon moi oui car il y a suffisamment de terres à cultures sur notre planète pour nous nourrir autant d’êtres humains. Et puis , nous n’avons pas encore exploré ni exploité toutes les ressources de la biodiversité, ni celles des nouvelles technologies.
En fait, ce n’est pas la quantité de la nourriture qui pose (ra) problème, mais surtout sa répartition. Car en 2011, alors que nous atteignons les 7 milliards, il y a encore 850 à 925 millions de personnes qui vivent en sous-alimentation chronique.
Cette répartition inégale de la nourriture repose sur une répartition non équitables des richesses mondiales. Aujourd’hui, la moitié du Monde vit avec moins de 2 dollars par jour (36 % en Chine, 76 % en Inde).
Le caractère explosif de cette progression de la population mondiale repose sur le fait que ce sont les régions les plus pauvres qui voient leurs populations croître le plus rapidement. Et c’est là que la situation va s’aggraver. Dès 2020, l’Inde aura plus d’habitants que la Chine et vers 2040 ou avant , l’Afrique subsaharienne aura plus d’habitants que l’Inde !
Bref, si nous avons les réserves ou le potentiel pour pour alimenter tout le monde, nous n’avons pas encore les solutions pour donner à tous, l’eau douce, l’énergie naturelle, l’air non pollué, l’espace de vie, la diversité biologique, les matières premières nécessaires, la tolérance climatique ….
Cela impose une réflexion d’urgence.
Déjà aujourd’hui, plus d’1 milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable. Selon les Nations Unies, entre 2 et 7 milliards d’êtres humains seront confrontés à une pénurie d’eau en 2050.
Nous devons donc être vigilant au « bien-être de notre environnement » et porter la plus grande attention à ces questions qui relève d’une grande question éthique planétaire notamment sur notre rapport au pouvoir, aux richesses. Pouvons nous laisser faire les marchés ?
Maryline




