Social Business 2 : si l’on s’accordait sur la monnaie – Temps ?
Les liens valent plus que les biens (MP). Sur la ligne du Social Business, voici une expérience intéressante née au Canada : L’Accorderie.
Et si nous faisions du temps, une nouvelle monnaie ? ….
…à l’instar de L’Accorderie, un dispositif québécois de monnaie sociale basé sur le temps et un modèle innovante d’échanges et de coopérations à trois niveaux.
L’Accorderie, c’est à la fois un système d’échange de services basé sur le temps, un dispositif de crédit solidaire et un groupement d’achat. Ce dispositif a pour vocation de tisser des liens dans la communauté et de permettre aux personnes à faibles revenus d’améliorer leurs conditions socio-économiques en favorisant l’organisation de nouvelles formes de solidarité.
A la fin des années 90, au Québec, deux organismes, la Caisse d’économie solidaire Desjardins et la Fondation St-Roch de Québec, engagèrent une réflexion sur la lutte contre la pauvreté et l’exclusion. La Caisse Desjardins constatant des problèmes d’accès au service bancaire et la Fondation St-Roch des problèmes de sécurité alimentaire, ils décidèrent d’unir leurs compétences pour créer un organisme répondant à ces deux objectifs, l’Accorderie. Le dispositif hybride et polyvalent a donc vu le jour à l’automne 2001.
Un système d’échange à trois niveaux
Tout d’abord, le niveau d’échange individuel qui comprend les échanges de temps entre Accordeurs. Ces échanges s’apparentent fortement à ceux des LETS (Local Exchange Trading Systems) et à leur équivalent français les SEL (Systèmes d’Echange Local).
Ensuite, le niveau d’échange collectif qui correspond aux activités du groupement d’achat et du crédit solidaire. Ces deux services collectifs font la singularité de l’Accorderie. En effet, le couplage microcrédit-monnaie sociale n’apparaît que rarement dans les autres dispositifs, sauf dans le cas particulier de Fortaleza au Brésil. L’objectif de ces services collectifs est double : donner un accès au crédit à des personnes qui ne peuvent y accéder par ailleurs et offrir un accès à des produits de qualité (biologiques, équitables ou locaux) qui deviennent accessibles grâce à un coût plus faible compte tenu de l’achat groupé. A savoir, les Accordeurs ont en charge la gestion de ces activités collectives.
Enfin, le niveau d’échange associatif, c’est-à-dire les services qui vont être achetés par l’Accorderie aux Accordeurs pour les besoins de son organisation et son fonctionnement. En effet, à l’Accorderie, il n’y a pas de bénévolat, toute heure effectuée au service de l’association, ou dans le cadre des services collectifs donnent droit à un crédit en temps. Il peut s’agir d’accueillir les nouveaux membres, de distribuer le courrier ou d’organiser les activités collectives. Par exemple, dans le cadre du groupement d’achat, les Accordeurs sont chargés de l’animation du « souper mensuel », de la commande aux fournisseurs, de la réception et du partage de la commande et de la comptabilité. Pour le crédit solidaire, les Accordeurs doivent rencontrer l’Accordeur demandant un prêt, participer au comité de prêt, faire signer le contrat de prêt et s’assurer du suivi. Ainsi, l’Accorderie sert d’intermédiaire : elle verse aux Accordeurs chargés des activités collectives des heures et elle les facture en contrepartie aux Accordeurs qui ont bénéficié du service collectif. L’Accorderie pose aussi un strict principe d’équité, c’est-à-dire qu’une heure est égale à une heure quelque soit l’activité fournie et le statut social de la personne.
Compte temps et chèque temps
L’Accorderie a opté pour une monnaie scripturale. Ainsi, chaque Accordeur dispose « d’un compte temps » qui comptabilise au débit les dépenses (services reçus), et au crédit les revenus (services rendus). Cette comptabilisation s’établit par le biais de « chèque temps ». La comptabilisation des échanges et la gestion des comptes sont centralisées informatiquement. L’Accorderie dispose d’un site Internet qui permet à chaque membre d’avoir accès à son « espace membre », afin de consulter les offres et le solde de son compte. L’émission de monnaie est donc automatique et gratuite, ce que l’on qualifie de monnaie de crédit mutuel (la monnaie se crée directement par l’échange de services). Cependant, à l’adhésion, le compte de l’Accordeur est crédité de 15 heures afin de favoriser les premiers échanges tout en dépassant la barrière psychologique d’un compte débiteur.
Un système qui essaime
Avec plus de 1 000 « Accordeurs » et 700 services proposés en 2010, on ne peut que constater la réussite du dispositif de l’Accorderie et l’engouement qu’il suscite au vu de la croissance rapide du nombre de ses membres. Un des facteurs de ce succès consiste dans sa capacité à combiner intégration sociale et échange de services ainsi qu’une vie « associative » très forte, favorisant sentiment communautaire et échanges. La stratégie de développement de l’Accorderie, axée sur l’essaimage de son modèle, a induit la création d’un réseau composé actuellement de trois Accorderies, celle de Québec (l’originelle), celle des Trois-Rivières et celle de Montréal. Plus d’informations sur le site de l’Accorderie : L\’accoderie – Quebec
Sur ce lien L\’Accorderie vous trouverez un film-documentaire d’une douzaine de minutes, produit par les DéclencheurEs, qui présente brièvement l’origine de L’Accorderie, ses principales activités et son mode de fonctionnement.Maryline Passini





[...] (Viva la favela !) ou encore la monnaie temps de l’Accorderie au Canada !: voir sur mon blog social-business-2-si-lon-saccordait-sur-la-monnaie-temps. En France, connaissez-vous la monnaie les Abeilles ? Le Sol Violette à Toulouse ? Toutes [...]