« La lumière flottante est au crépuscule » sublime étincelle lancée par Jean Audouze, astrophysicien et directeur de recherche émérite au CNRS qui nous a présenté lors d’un petit déjeuner de prospective à la SICS ses deux derniers ouvrages sur l’Univers publiés fin 2010.
Ce fut un moment hors dimension … Une invitation à disposer notre esprit autrement, à voir les choses différemment, à bousculer nos lois, bref à nous défier, à nous sur-dimensionner. Oui, sans doute devrons nous réapprendre à voir, à sentir, à penser le temps, l’espace et l’avenir pour entrevoir toutes les lumières à venir qui se cachent dans l’Univers … en nous-même ?
Le premier ouvrage est Merveilleux Cosmos
avec la collaboration d’ Erik Orsenna et de Jean-Claude Carrière. C’est une promenade dans l’univers, comme si l’on visitait une galerie de peintures magnifiques et spectaculaires du cosmos.
Au début du voyage de ce livre, la Terre, son environnement proche et notre système solaire.
Plus loin, notre Galaxie, ses étoiles et nébuleuses.
Plus loin encore, d’autres galaxies, isolées ou en interaction, naissantes ou finissantes.
Tout au bout, l’incroyable carte des irrégularités du rayonnement fossile, qui marque le moment où l’Univers devient transparent.
Ces images se cachent dans la profondeur céleste depuis toujours. La science moderne – merci à la 3D – nous les donne enfin à voir.
Mais il faudrait être aveugle en fait pour voir ses autres dimensions car notre regard est bien impuissant à mesurer l’infiniment petit et grand.
Le deuxième ouvrage est le Ciel à découvert
la première synthèse fondamentale ouverte à tous avec les plus récentes découvertes Le Soleil et l’ensemble du système planétaire. Les étoiles et le milieu interstellaire. Les galaxies et les grandes structures de l’Univers. La cosmologie… Où en est l’astronomie, aujourd’hui? Quelles révolutions a-t-elle traversées? Qu’en est-il de la Terre? De la vie, ailleurs, dans l’Univers? De la recherche d’exoplanètes? Des moyens les plus récents et les moins conventionnels d’observer le ciel? Qu’en sera-t-il, demain, des savants, de leurs laboratoires, de leurs instruments, de leurs méthodes, de leurs découvertes? En résumé : un panorama complet et inédit sur la façon dont les astrophysiciens voient et comprennent ce Monde qui est le nôtre. Et je vous avoue que se mirer dans le regard d’un astrophysicien ouvre de nouvelles dimensions. Merci à Jean Audouze …
Je vous laisse enfin méditer sur la question du balancier entre le fini et l’infini posée en leur temps par les premiers romantiques : « il n’existe pas de fini à l’état pur, ni d’ailleurs d’infini. À l’infini inséré, inscrit dans la finitude correspond le fini résidant dans l’infini. Les deux s’interpénètrent, c’est là le miracle et la difficulté de l’intuition intellectuelle, car pas plus qu’il n’y a de passage de l’infini au fini, il n’y a de transition du fini à l’infini, pour que l’un soit toute chose, il suffit que l’unité s’imprime en chaque chose et pour que l’univers soit un, il faut et il suffit que toutes choses ensemble renvoient les unes aux autres et forment la totalité. Par ce que le Un est Tout, il est en tout. » Xavier Tillette, Schelling, une philosophie en devenir.
Maryline Passini