A l’ère technologique de la sur-urbanisation où la ville devient notre seconde nature – plus de la moitié de la population mondiale vit en milieu urbain – le courant que je nomme In vivo « le vivant partout » est un rempart à la dé naturisation de notre environnement. Dans ce contexte, les jardins urbains constituent des poumons verts, des bulles de bien être dans les villes. La dissociation ville et campagne n’a plus lieu d’être selon moi : il faut penser la ville comme une autre nature , penser à l’horizontal du paysage. C’est un peu l’ambition du Pacte pour le jardin dans la cité, dont la campagne « Plus de jardins dans ma ville » vient de s’ouvrir.
C’est aussi l’avis des Français : selon un récent sondage Harris Interactive, 93% des français pensent qu’il est important de développer des jardins dans les espaces urbains et ce pour une ville Bien-être – bien vivre ensemble : pour 93 % d’entre eux les jardins rendraient la ville plus belle et plus agréable et favoriseraient, pour 76% des Français, les liens sociaux. Et ils veulent tous des jardins potagers : l’idée de relocaliser les terroirs en villes !
Sur cette ligne les acteurs du Pacte pour le jardin dans la cité souhaitent démontrer l’étendue transversale des bienfaits des jardins urbains tants dans les domaines social, économique, sanitaire, environnemental, éducatif et artistique, etc.
Manifeste pour le jardin
Jusqu’au 15 avril, les membres du Pacte se rassembleront pour porter leur message aux dirigeants politiques, afin qu’ils intègrent ce projet à leurs programmes et actions dans l’avenir. Rien de « naïf à la Rousseau » car les initiatives pro jardins « thérapeutiques » se multiplient de plus en plus : jardins partagés, guérilla gardening, jardins pédagogiques, urbanisme vert, jardins potager, toits jardins …
La campagne « Plus de jardins dans ma ville » souhaite unifier et organiser tous ces mouvements pour les fédérer autour d’un vrai projet de société globale. Ce qu’ils qualifient une « Stratégie nationale du jardin ». Pour cela, elle a décidé d’engager dans le débat public 10 propositions concrètes rassemblées dans le « Pacte pour le Jardin dans la Cité ». Cliquer ici : Default.aspx?lid=5&rid=288&rvid=288#Objectifs
Si vous souhaitez participer à ce projet, c’est tout à fait possible. Vous pouvez devenir parrain ou marraine ; devenir comme je l’ai fait ami du pacte en le signant en ligne :Default.aspx?lid=5&rid=288&rvid=288
Enfin, les organismes mais aussi toutes les entreprises peuvent devenir partenaire du projet, comme le sont déjà l’Association Jardiniers de France ou la Ligue de l’enseignement.
Je vous invite vivement à participer à cette initiative tant les jardins peuvent revitaliser la ville, re coudre la ville (médiations sociales et partage) ; prévenir la ville (immunité sanitaire), qualifier la ville (bien être) , dynamiser la ville par l’emploi, un nomadisme vert. Il ne faut pas sous estimer les jardins potagers, l’agriculture urbaine, l’écopolis, ni minorer la nature virtuelle (symbiose du sauvage et du technologique). Il faut bien saisir également la philosophie du temps contenue dans les jardins qui nous invitent à nous perdre, méditer, respirer, se reposer - le tout en lien avec la volonté croissante de mieux vivre autrement. Il ne faut pas oublier que la nature est notre création et que les jardins sont des paysages reflets de nos modes de vies et de notre société : on peut lire une société, sa pensée en regardant l’agencement de ses jardins !
Et pour finir le front haut face à notre avenir, voici une prophétie extraordinaire datant de 1789 pour l’an 2440 ! qui marque l’importance des jardins et en fait même notre plus grand luxe, un luxe éthique car partagé par tous. Ce serait sans doute une de nos plus belles révolutions : une éthique esthétique.
Maryline Passini
Prophétie pour l’An 2440
« L’art le plus cultivé chez ce peuple était le jardinage. Chaque
citoyen cultivait son jardin et c’était une honte de ne savoir
planter, ni tailler un arbre… Ce peuple errait la moitié du jour
dans les jardins… La jeunesse y faisait ses exercices et la
vieillesse y respirait jusqu’au coucher du soleil. Tel était le
luxe de ce peuple. C’était à qui étaleraient les plus beaux fruits
de la terre ; et ce luxe était universellement approuvé ; parce
que, dans ce genre, il était impossible que l’homme jouit seul,
et qu’il fallait qu’une partie des jouissances refluât
nécessairement sur ce qui était autour de lui ».
Sébastien Mercier, 1789 !