Plus d’éthique moins d’esthétique : luxe éthique, slow fashion, économie mauve

Alors que René Villemure, éthicien émérite, créateur de l’Institut Quebécois d’Ethique appliquée est de passage à Paris pour une série de conférences sur l’éthique et notamment sur l’économie mauve – à lire absolument sur index.php?option=com_content&view=article&id=130:economie-mauve-enjeux-et-responsabilites&catid=5:actualites&Itemid=1&lang=fr
… il me semble plus que jamais important de parler d’éthique, enjeu de notre avenir et de comprendre que l’éthique est vivante, au dessus de tout – ni règles, ni lois- c’est le plafond de l’humanité dirais je. Sans oublier que l’éthique et l’esthétique sont indémêlables : plus d’éthique, moins d’esthétique ou encore le concept Junzi de Confucius : homme de bien = homme de goût.
Sur cette ligne en lien avec le concept de slow fashion… émerge timidement une mode et un luxe éthique – un luxe des vertus – partout dans le monde.
Voici quelques exemples issus notamment de l’Ethical fashion show créé en 2004. Ce salon de mode éthique rassemble chaque année des designers défendant les hommes et leurs conditions de travail et valorise des savoir-faire venus du monde entier.
Kamaldeep Kaur, designeuse et gérante de l’association Neelgar, propose un éventail de foulards et châles indiens en soie qui sont fabriqués grâce au Baandani, une technique de ligatures par nœuds, préservant certaines plages au cours de la teinture et créant un dessin. Ce sont les 500 hommes et femmes de l’association qui réalisent ce travail manuel, préservant ainsi des techniques ancestrales.
Le plus éthique : l’association se fonde sur deux valeurs : garantir l’indépendance des femmes grâce à ce travail rémunéré et préserver l’environnement avec des teintures naturelles et peu polluantes.
Ade Durojaiye est un nigérien qui a grandi au Royaume-Uni. Son idée ? Améliorer le commerce, l’emploi et les conditions de vie en Afrique. Parce que, même s’il s’est inspiré d’un mot nigérien pour créer sa marque (« baffs » signifie « beaux vêtements »), son but est de montrer une image positive de l’Afrique et de ses coutumes, et faire en sorte que tous les peuples africains s’unissent .
Le plus éthique : ses t-shirts sont cousus par les Africains en utilisant un coton bio 100% africain (certifié Gots). Les encres utilisées sont à base d’eau. Cf. www.baffs.co
Doreen Mashika, Zanzibar


Chaussures, robes, accessoires, écharpes… c’est le vestiaire de Doreen Mashika qui vient directement de Tanzanie. Tous les tissus sont fabriqués par des coopératives de femmes dans tout le pays. Pour Doreen, faire travailler ces femmes est une véritable source de satisfaction : pouvoir faire un métier qu’elle aime tout en changeant leur vie, en leur donnant du travail, leur permettant de scolariser leurs enfants ou d‘aller se soigner, ça n’a pas de prix.
Le plus éthique : ses créations sont réalisées à partir de coton bio ou d’un peu de soie. Pour ses bijoux, elle a opté pour la corne de vache. La vente en ligne devrait être disponible fin mai 2012. Cf : doreenmashika.com
Killa Knits, Pérou
Les créations, de Killa Knits utilisent essentiellement de la laine d’alpaga: 95% de ces camélidés vivent dans les montagnes du sud du Pérou. L’entreprise fait perdurer les méthodes de tissages, manuelles, traditionnelles et propres aux communautés péruviennes.
Le plus éthique : la fibre d’alpaga est reconnue pour son élasticité, sa douceur, sa résistance et l’isolation thermique naturelle qu’elle offre. En plus, elle n’est pas inflammable ! cf. killaknits.com.pe
Je vous invite par ailleurs à visionner la vidéo du Salon à à l’Espace Pierre Cardin – xpb3fa_salon-a-l-espace-pierre-cardin-mars-2012_creation?start=0#from=embed
A voir aussi le Salon 1.618 Sustainable Luxury qui ouvre lundi prochain à Paris : salon-1-618-sustainable-luxury-le-luxe-fait-son-show-ecolo
Enfin, regardez sur mon blog la création mode du label éthique Honest imaginée par le créateur belge Bruno Pieter …
Bref, pensez éthique pour renouer enfin avec la pensée et surtout la pensée vivante ! Leibniz disait tout n’est pas vivant mais le vivant est partout - je dirais tout n’est pas éthique mais l’éthique devrait être au dessus de tout- Enfin, une épée de Damoclès digne de trôner au dessus de nos têtes ! Maryline Passini













